Actualités

La programmation d'été arrive !

Retrouvez ci-dessous et dans les différentes pages de notre site web la version numérique de notre programmation :

Couverture programmation été 2024 - Moissac Tarn-et-Garonne Occitanie Sud-Ouest

Télécharger notre programme 

Tests sur les colonnes du cloître

Deux ingénieurs du pôle Pierre du Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques, Lise Leroux et Jérémy Hénin, sont intervenus récemment sur des colonnes en marbre du cloitre afin d’étudier les phénomènes d’altération qui compromettent leur conservation.
Après avoir mesuré la vitesse que le son met pour traverser le marbre, ces deux scientifiques sont revenus pour calculer la salinité du marbre grâce à la machine SUZI qui permet de voir très rapidement si le marbre à un taux de sel ou d’eau supérieur à la normale.Rares sont les laboratoires possédant cet appareil de pointe !

Test des colonnes du cloître - Moissac Tarn et Garonne Occitanie Sud Ouest                            Test des colonnes du cloître 2 - Moissac Tarn et Garonne Occitanie Sud Ouest

Changements de tarifs au 1er Janvier 2024

Chers visiteurs et visiteuses,

au 1er Janvier 2024, les tarifs d'entrée du cloître vont légèrement augmenter.
Vous pourrez retrouver les nouveaux tarifs très prochainement dans l'onglet "Informations pratiques".

Au plaisir de vous recevoir bientôt !

Dessalement des chapiteaux du cloître

Dépose d'un chapiteau du cloître - Moissac Tarn et Garonne Occitanie Sud Ouest

Le 27 Avril 2022 a eu lieu à l’abbaye de Moissac une opération très technique et impressionnante pour déposer deux des chapiteaux du cloître. Cette dépose est rendue nécessaire par l’état de conservation déplorable des sculptures qui souffrent de sels, présents naturellement dans la pierre, qui la détériorent et la rongent de l’intérieur. Le dit problème étant aggravé par divers facteurs externes comme la pollution, l’humidité etc…

À la fin du mois de Juin 2022 ces chapiteaux ont été mis dans des bacs de dessalement dans le but d’établir un protocole de restauration applicable à tous les éléments sculptés qui le nécessitent. Le but est de diluer le sel en plongeant les éléments dans de l’eau déminéralisée, afin de pouvoir ensuite l’extraire. Les tests vont durer minimum un 1 an, voire plus en fonction des données recueillies par les restaurateurs en cours de processus.

Retrouvez les interviews de l'architecte des Bâtiments de France et des restaurateurs dans notre onglet "Documentation"

Le vitrail de Chagall en prêt !

Vitrail de Chagall (c) Jérôme Morel - Moissac Tarn et Garonne Occitanie Sud-Ouest

En 1962, l’architecte des Monuments Historiques Robert Renard commande à Chagall un vitrail pour une petite ouverture (52 cm de haut) dans l’Abbaye de Moissac, alors en restauration.

C’est ce même vitrail qui a été déposé à l’automne 2019 pour être restauré puis exposé dans l’exposition “Chagall, Passeur de Lumière” d’abord au Musée Pompidou-Metz puis au Musée Marc Chagall de Nice. Covid-19 oblige l’exposition n’a pas pu ouvrir (ou si peu) en 2020 et est prolongée jusqu’en 2022.

Vous pourrez donc retrouver le vitrail :
Au Musée Pompidou-Metz, jusqu’au 30 Août 2021
Au Musée Marc Chagall de Nice, du 18 Septembre 2021 jusqu’au 10 Janvier 2022.

Reportage - French Property News

Passée en Tarn-et-Garonne et à Moissac en Octobre 2019, la journaliste anglaise Lucy Parford avait fait un premier reportage publié en 2020 dans la revue britannique "France Magazine" . Son reportage a été publié une deuxième fois, sous un angle différent dans le magazine "French Property News" ce Janvier 2021.

 

 Lire l'article

Évasions bordelaises et magazine Itinérances

Suite à son passage à Moissac, Vincent Micou, blogueur du site Évasions Bordelaises a réalisé un article sur Moissac et, Septembre et récoltes obliges, sur le Chasselas.

Au même moment le magazine Itinérances publie un article sur les chemins de Saint-Jacques où l'on parle évidemment de l'abbaye. Télécharger l'article

Vai en vadrouille en Tarn-et-Garonne

En Octobre 2019 nous avons reçu la blogueuse Vaïkehu Shan pendant son périple tarn-et-garonnais. Retrouvez ci-dessous un extrait de son article, lors de son passage dans la cité uvale !

Moissac et Pays de Confluence

Moissac, abbaye, chasselas & co

Je vais découvrir Moissac et sa fameuse abbaye. En chemin, quelques habitants me demandent si je suis un pèlerin : effectivement, mon énorme sac photo sur le dos peut faire penser aux sacs des pèlerins et marcheurs de Saint-Jacques de Compostelle ! La Via Podensis, le chemin de Saint-Jacques qui part du Puy-en-Velay en Haute-Loire, passe par ici et les marcheurs peuvent ainsi admirer le tympan de l’abbatiale de Moissac. C’est cet élément (au-dessus de la porte de l’abbatiale) qui fait toute la renommée de la ville par sa complexité et son incroyable conservation au fil des siècles. Le reste de l’abbaye n’est pas en reste, et je m’amuse à jeter un coup d’œil à chaque chapiteau des colonnes du cloître.

Cloître de Moissac - (c) L.Alliot - Occitanie Sud Ouest Moissac Tarn et Garonne

Je déjeune face au tympan de l’abbatiale, au Florentin, en sirotant un grand verre de chasselas de Moissac, un raisin de table (jus de raison local en somme). Je ne pensais pas dire ça, mais c’est clairement le meilleur jus de raisin de ma vie, sans exagération ! Et pourtant, je bois régulièrement du jus de raison fait maison par mes beaux-parents (anciens maraîchers en Haute-Loire), donc la barre était déjà haute. Je savoure également un poisson grillé (ne me demandez pas lequel, je ne m’en souviens plus mais il était bon et très frais), je me perds encore un peu dans Moissac et je pars pour la suite de ces aventures tarn-et-garonnaises.

Tympan de Moissac - (c) L.Alliot - Occitanie Sud Ouest Tarn et Garonne Moissac

Pour lire l’article complet, c’est par ici !

Exceptionnelle découverte à Moissac : le portrait de Louis XV était un trésor négligé depuis deux siècles

La découverte d’une minuscule mention a révélé que le tableau qui occupait depuis 1824 la salle du conseil municipal de Moissac, en Tarn-et-Garonne, n’est pas une vulgaire copie. Peinte en 1766 par Frédou au Musée royal du Louvre, cette réplique est une pièce exceptionnelle, qui pourrait être reconnue monument historique le 4 février.

Philippe Carriol, régisseur des collections, & Céline Piazza devant le tableau - Occitanie Sud Ouest Tarn et Garonne Moissac

Pendant près de 195 ans, habitués et visiteurs de la salle du conseil municipal de Moissac ont considéré d’un œil vaguement intéressé ce grand tableau accroché au mur du fond - quand ils ne l’ont pas tout bonnement ignoré. L’œuvre est pourtant inévitable (2m65 par 1m95), et c’est tout de même Louis XV en costume de sacre, scène célébrissime, portrait honoré par tant de manuels d’histoire du collège, mais la copie, quoique ancienne, était réputée quelconque. C’en est désormais fini de l’irrévérence envers l’arrière-petit-fils du Roi Soleil. À la faveur d’un heureux hasard, l’injustice sera réparée.

Justice, enfin

« On savait qu’en 1824, à la demande du maire de Moissac, le marquis de Bellissen, député de Tarn-et-Garonne a demandé à la maison du roi un portrait de Louis XVIII pour honorer la ville », raconte Emmanuel Moureau, directeur du service municipal du patrimoine. La maison ne peut honorer la commande, elle ne dispose plus d’aucun exemplaire – « elle en avait fourni un à la ville de Castelsarrasin quelque temps auparavant… ». Mais Bellissen ne renonce pas.
« Il est ami du comte de Forbin, directeur du Musée royal du Louvre, qui lui envoie ce portrait de Louis XV. Les Moissagais sont un peu déçus, ils espéraient un portrait du souverain contemporain, mais ils l’accrochent dans la salle du conseil ». L’œuvre y restera donc pendant près de deux siècles, dans l’anonymat que l’on sait, jusqu’au 14 novembre dernier.

L’œil de Céline

Dans la salle du conseil municipal, des travaux s’imposent. Meubles et œuvres sont priés de quitter momentanément les lieux. Le Louis XV est décroché, puis délicatement posé au sol par le personnel du service du patrimoine, qui en profite pour examiner cette pièce quelque peu oubliée. Céline Piazza scrute le bas de la toile. Elle aperçoit une mention subtilement glissée dans un détail du siège : « Peint en 1766 par Frédou aux frais des musiciens de la chapelle du R », pour « roi ». « Je la signale à Emmanuel, sans imaginer que cette marque n’était pas répertoriée. » Le directeur se trouble. « C’est excessivement intéressant ! ».

Emmanuel Moureau, directeur du service patrimoine de la ville de Moissac - Occitanie Sud Ouest Tarn et Garonne Moissac

La suite de l’examen révèle, sur le cadre et le châssis, des marques au feu confirmant le lieu de création, le Musée royal du Louvre. Jean-Martial Frédou de la Bretonnière, dit Frédou, est le copiste du Cabinet des tableaux du roi. « Le tableau n’est donc pas une simple copie, mais une réplique officielle, certifiée conforme à l’original peint en 1763 par le maître Louis-Michel van Loo, qui a été perdu et que l’on ne connaît qu’à travers les répliques », explique Emmanuel Moureau. « C'est une œuvre majeure ». Seules deux répliques du chef-d’œuvre sont aujourd’hui répertoriées ; l’une est à Versailles, l’autre à Beaune.
La troisième sera « bientôt » reconnue.

Seconde chance

Le 17 décembre, le conseil municipal a décidé de soumettre le tableau à la commission régionale du patrimoine de l’architecture, en vue d’une « inscription » au titre de monuments historique. L’audience aura lieu le 4 février, et l’affaire ne devrait pas présenter de difficulté, estime-t-on au service du patrimoine. Le véritable enjeu est le second échelon, le « classement ».

Témoignage d’un intérêt de niveau national, gage de plus fortes subventions de l’État pour les travaux de restauration, il est attribué par la commission nationale. « Ce sera beaucoup, beaucoup plus long », anticipe Emmanuel Moureau « La commission se réunit deux fois par an, et il y a embouteillage de dossiers. »
Sans attendre ce classement, mais après un brin de toilette qui s’impose malgré la belle allure générale du tableau, les Moissagais pourront bientôt jeter un nouveau coup d’œil au Frédou, certainement plus appuyé que le précédent.

Article écrit par Gilles Caprais et publié dans "La Dépêche", le Mercredi 8 Janvier 2020
Pour les abonnés, une vidéo est également disponible sur leur site internet

EDIT : Le journal Le Parisien a également fait un article sur le sujet que vous pouvez retrouver ici

La nouvelle entrée Saint-Julien est enfin ouverte au public !

Pendant plusieurs mois, des travaux étaient en cours afin d’offrir au public une toute nouvelle porte d’entrée vers le cloître. Un aménagement spécialement pensé pour les visiteurs et leur découverte. Que va-t-on y trouver ?

Le 21 septembre, à l’occasion des journées européennes du patrimoine, la nouvelle entrée du cloître située aile Saint-Julien a ouvert ses portes au public, après plusieurs mois de travaux. Une vraie transformation sur l’aménagement intérieur et le contenu proposé aux visiteurs.

Cette salle, libre d’accès et gratuite pour tous, est destinée à la fois aux futurs visiteurs du cloître, mais également aux personnes souhaitant simplement découvrir la ville, l’art roman local ou flâner dans la boutique. Ainsi, la pièce a été pensée à cet effet : des outils de découverte en premier plan, la boutique au second, puis la banque d’accueil au fond de la pièce pour passer à la visite.

A l’entrée, deux tables numériques tactiles, avec fauteuils, offrent une présentation de l’art roman. Une table consacrée aux Grands sites Occitanie, l’autre au monde roman. Sur le mur opposé de la pièce, une planche de 4,5 x 1,5 m composée de 5 écrans leur fait face. A travers un diaporama photos, il s’agit là de valoriser les sites romans à proximité, étant tous historiquement liés à Moissac tels que Cahors, Lauzerte, Carennac ou Duravel.

Au milieu de la pièce, les objets de la boutique déjà existante sont présentés, avec une gamme de produits enrichie dont davantage de jeux enfants, d’ouvrages de référence et dans des langues étrangères. Le patrimoine met également l’artisanat local en avant avec des produits inspirés de l’abbaye et confectionnés par des artistes locaux : « Au fil d’émaux », émailleuse moissagaise, M. Velez, bijoutier moissagais et « La Poterie de la Hulotte » située à Caylus.

Au fond de la pièce, après avoir passé la banque d’accueil, c’est là que se trouve le passage pour rejoindre le cloître. Une porte automatique a été choisie afin qu’aucun élément ne s’appuie sur le mur de l’édifice dans le but de respecter au maximum le lieu. Tout cet aménagement a également été imaginé dans un souci d’accessibilité sur un seul niveau avec un mobilier à hauteur de chaise roulante (tables tactiles, banque d’accueil) et des portes automatiques permettant aux personnes à mobilité réduite de circuler librement dans cet espace.

Nouvelle entrée du cloître - SudOuest Occitanie Moissac

 Article publié le 23 Septembre 2019 par le service communication de la ville de Moissac, sur le site de la mairie.

Abbaye de Moissac : le début des travaux du musée

Depuis 2014, la municipalité s’est engagée dans un projet d’amélioration et d’extension du parcours de visite de l’abbaye de Moissac. Cet hiver voit la réalisation de la première phase : la modification de l’espace d’accueil.

L’aile Saint-Julien aménagée en 1991 par l’architecte en chef des Monuments Historiques, Bernard Voinchet va être modifiée afin de devenir le véritable lieu d’accueil dans l’abbaye de Moissac, tout au long de l’année. L’architecte Sébastien Loiseau et le muséographe Gilles Vignier ont conçu un aménagement sobre, efficace et respectueux de l’édifice. La façade vitrée dans laquelle se reflète la tour du clocher porche va être avancée d’une travée pour la rendre plus visible tout en augmentant l’espace intérieur. Elle sera réalisée à l’aide de matériaux modernes assurant une meilleure isolation thermique que la paroi actuelle.

Les visiteurs pourront flâner dans la boutique sans forcément prendre un ticket d’entrée et l’attente pour la billetterie sera ponctuée d’une vidéo présentant l’évolution de la ville de Moissac, introduction au parcours du musée qui prendra place à l’étage de l’aile orientale du cloître.

Cet espace servant d’entrée et de sortie dans le site majeur de l’art roman qu’est le cloître de Moissac, servira de zone d’attente « intelligente » au visiteur. Des outils numériques mettront en valeur les sites romans du territoire labellisés Grands Sites Occitanie « Moissac-Auvillar-Lauzerte », mais également les autres sites majeurs de l’art roman présents dans la région, sur le territoire national et européen.

Aile Saint-Julien : préfiguration des nouveaux aménagements
Aile Saint-Julien : préfiguration des nouveaux aménagements

A la découverte du fascinant « Légendier de Moissac »


A l’occasion de la sortie du livre « Le légendier de Moissac et la culture hagiographique méridionale autour de l’An Mil », intéressons-nous au travail d’écriture réalisé par les moines de l’abbaye à la grande époque du scriptorium.

Sans doute depuis ses très anciennes origines, mais au moins dès le Xe siècle, l’abbaye Saint-Pierre de Moissac possédait une bibliothèque. En effet, certains de ses moines bénédictins s’affairaient plusieurs heures par jour à recopier à la main, munis de plumes taillées, des livres manuscrits venus d’autres monastères. A partir du milieu du XIe siècle et de l’entrée de Moissac dans le groupe de monastères dirigé par l’abbaye de Cluny en Bourgogne, l’activité des copistes s’intensifia. La Bibliothèque Nationale de France, à Paris, conserve près de 150 des manuscrits confectionnés à Saint-Pierre de Moissac entre environ 1050 et 1150. Ces ouvrages sont souvent ornés de peintures qu’on nomme “enluminures”, quelques-unes sont des chefs-d’œuvre de l’art roman (comme les sculptures du portail et du cloître). La majorité des livres sont évidemment des textes religieux mais il y a aussi des traités scientifiques et des livres d'”histoire”. Certains manuscrits conservés sont très rares : la collection moissagaise compte une des dix seules copies connues de “La guerre des Gaules” de César, ce général romain qui a conquis notre pays. Par chance, la bibliothèque moissagaise médiévale n’a pas été détruite, comme c’est le cas pour de nombreuses autres bibliothèques. Le ministre de Louis XIV, Colbert, a fait transporter ce trésor de manuscrits vers Paris, en 1678, avant que les rats ne finissent leur travail de destruction.

Si, comme nous l’avons dit, les moines scribes travaillèrent beaucoup après 1050, le “légendier” est la preuve que Moissac était déjà un centre de culture important aux alentours de l’an mil. Un “légendier” chrétien est un recueil contenant les récits de la vie, du martyre subi, des miracles accomplis par des personnages saints depuis les origines du christianisme. Le “légendier” constitué à Moissac (en deux tomes, dont l’un est incomplet) est le plus ancien légendier du sud de la France.

En 2014, l’université de Toulouse organisait, à l’initiative de l’enseignant- chercheur en histoire Fernand Peloux, un colloque réunissant une vingtaine de spécialistes, dont Chantal Fraïsse, la directrice du Centre d’art roman moissagais, pour mieux connaître (et faire connaître) le célèbre “légendier” de Moissac. Les actes de ce colloque (communications mises par écrit) viennent de paraître sous le titre : Le légendier de Moissac et la culture hagiographique méridionale autour de l’An Mil. Ce gros ouvrage permet de mieux comprendre comment a été constitué ce recueil : combien de scribes ont travaillé pendant les trois années environ qui ont été nécessaires pour réaliser notre manuscrit (546 pages pour le tome complet). Par qui les enlumineurs furent-ils inspirés ? Dans quel contexte historique ce travail fut-il mené à bien ? Les travaux des spécialistes d’hagiographie (étude des récits de vie de saints) ont bien mis en lumière le grand intérêt et la richesse de cette collection qui a, selon Fernand Peloux, largement fondé la mémoire hagiographique des terres méridionales (et davantage). Il y a des saints très connus : Martin, le légionnaire qui a partagé son manteau avec un pauvre, Augustin l’auteur-philosophe chrétien, Cyprien l’évêque qui deviendrait patron de Moissac ; il y a des saints locaux : Saturnin (devenu Sernin) évêque martyr de Toulouse, Foy jeune martyre d’Agen dont les reliques ont été dérobées par des moines de Conques, etc. Mais l’origine de ces saints est souvent très lointaine : aux espagnols (Vincent le patron des vignerons, les soeurs Juste et Rufine de Séville qui auraient été déchirées par des griffes de fer) s’ajoutent des personnages venus de tout le bassin méditerranéen : Cyr (ou Cirice) et sa mère Julitte ont été martyrisés pour défendre leur nouvelle foi chrétienne à Tarse en Turquie actuelle. Il y a des textes extrêmement rares, voire uniques, comme celui concernant saint Vamnès issu de Perse. On ne peut pas toujours expliquer par quelles voies les textes- modèles sont arrivés pour y être regroupés à Moissac mais on peut constater que le réseau des échanges dans le haut Moyen Âge était dense et actif. C’est peut-être ce dont témoigne le mieux le “légendier” moissagais.

Le légendier est orné de lettrines réalisées entre 1020 et 1030 par différents moines enlumineurs. Ce type de décor plébiscité dans les manuscrits de l’époque romane consiste à mettre en valeur par la couleur et différents motifs la première lettre du premier mot commençant le chapitre. Les enlumineurs ayant œuvré sur ce manuscrit ont utilisé, chacun selon leur propre style, le motif de la palmette aquitaine : un rinceau de feuillage blanc s’épanouissant en diverses folioles sur un fond coloré.